Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Giuseppe Verdi

dimanche 23 avril 2017


Classiquenews.com - Articles

21 avril

CD, annonce. PROSERPINE de Saint-Saëns (1887) / 2 cd Palazzetto Bru Zane

Classiquenews.com - Articles CD, annonce. PROSERPINE de Saint-Saëns (1887) / 2 cd Palazzetto Bru Zane. Prolongement des représentations à Munich et Versailles réalisées en octobre 2016, l’opéra oublié de Saint-Saëns brosse le portrait d’une courtisane de la Renaissance « rompue aux amours coupables » (tout un programme). Comme les grands romantiques avant lui (Bellini et sa Norma ; Donizetti, et sa Lucia… di Lammermoor, sans omettre Verdi et sa Traviata…), le français, auteur de Samson et Dalila, se met à la page de la lyre sensuelle et féminine, illustrant pour sa part les grandes figures de femmes, également portraiturées par Massenet (Esclarmonde, Thaïs elle aussi courtisane… repentie ; Manon ou Cléopâtre). Saint-Saëns a trouvé le sujet digne de son écriture audacieuse, expérimentale, expressionniste : si la Courtisane sublime souffre à chaque fois qu’elle aime sincèrement, l’amour pur lui vaut des délices irrésistibles, et grâce à la plume moderne d’un Saint-Saëns imprévu, saisissant, l’horreur devient admirable. Proserpine (qui exige une cantatrice d’exception dans le rôle-titre), « est de toutes mes oeuvres théâtrales, la plus avancée dans le système wagnérien » a précisé l’auteur. L’enregistrement à paraître ce 9 mai 2017 dévoile la dernière manière du compositeur romantique, celle de 1891. Prochaine critique développée dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Classiquenews.com - Articles

18 avril

TOURS. Benjamin Pionnier dirige une nouvelle TOSCA

TOURS, Opéra. PUCCINI: Tosca. 21 – 27 avril 2017. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique maison (qui porte aussi le nom de la région : Centre – Val de Loire) pour une nouvelle production de Tosca, réunissant des voix peu connues en France et qui promettent de relever les défis multiples d’une partition élaborée comme une pièce de théâtre et au drame réaliste : au devant de la scène, se déroule la tragédie d’un trio amoureux opposant les deux amants artistes (Tosca la chanteuse et Mario le peintre), pris dans les filets du diabolique Scarpia (préfet de Rome), épris de la belle cantatrice. Puccini sait élargir le spectre dramatique en fouillant par le chant d’un orchestre fabuleusement orchestré, le contexte et les résonances historiques, sociales de ce huit clos étouffant : l’Italie dont il est question, est celle des Monarchistes contre les Républicains, c’est à dire en une seconde opposition, celle là politique, qui confronte le royaliste Scarpia contre le bonapartiste Mario… Les 3 actes sont parfaitement délimités, chacun inscrit dans un lieu bien identifié de Rome : l’église San Andrea della Valle au I ; écrin des amours artistes dont nous avons parlé, puis célébration collective en un Te Deum qui assoit le redoutable préfet ; le II se déroule ensuite au Palais Farnèse chez Scarpia, dans les salons et le bureau de son palais officiel où il torture Mario ; c’est là qu’en une scène fantastique et macabre, la belle Tosca poignarde le préfet sadique avant de lui rendre un dernier hommage posthume (l’actrice Sara Bernhardt a laissé un souvenir mémorable dans la pièce originelle de Victorien Sardou, comme Maria Callas ensuite sur la scène de l’Opéra de Paris ; enfin, l’acte III, au Château Saint-Ange où est emprisonné Mario ; l’acte s’ouvre sur une évocation champêtre et pastorale par le chant d’un jeune berger - sur les collines environnantes de Rome, Tosca retrouve son amant Mario emprisonné pour le délivrer, après une prétendue fausse exécution qui s’avère cependant fatale pour celui qui a osé se réclamer de l’idéal bonapartiste… Ainsi même après sa mort Scarpia poursuit son œuvre diabolique. Démunie, trahie, veuve… Tosca se jette dans le vide, de la terrasse du Château Saint-Ange. Puccini réussit dans Tosca, l’équation délicate du drame sentimental et de la fresque évocatrice au réalisme accru : à la passion qui dévore les trois protagonistes (le fameux trio verdien : soprano / ténor / baryton, ce dernier étant le rival du premier) répond le souffle irrésistible des évocations orchestrales. Oui, Tosca est un opéra sublime qui est autant psychologique que dramatique. Il est peintre, elle est chanteuse… TOSCA, l’opéra des artistes libres C’est en écoutant une représentation d’Aïda de Verdi que le jeune Puccini reçoit la vocation du lyrique. Ainsi, l’un de ses chefs d’oeuvre de la plaine maturité, Tosca, créé en 1900 en témoigne. Viendront ensuite après ce premier sommet dramatique et vocal, Butterfly (1904) puis l’inachevée Turandot (création posthume en 1926). L’unité dramatique et la superbe gradation dans la tension de l’ouvrage viennent en partie, de sa construction spatiale: à chaque tableau correspond un lieu différent dans la Rome du début XIXème siècle: l’église San Andrea della Valle à l’acte I, puis le Palazzo Farnèse ou Palais de la justice au II; enfin pour la mort des amants magnifiques, les géoles et la terrasse sommitale du château Saint-Ange au III. Rares sont les ouvrages lyriques qui collent à ce point à l’esprit d’une ville… Rome est l’autre acteur de l’opéra puccinien. Son souffle, son esprit, ses climats, son atmosphère en sont distillés par l’orchestre, autre grand acteur du l’action musicale. La Tosca de Puccini, qui a alors 42 ans, et est bien au sommet de son écriture, est adaptée de la pièce éponyme de Victorien Sardou, créée treize années auparavant, en 1887. En septembre et octobre 2016, la production de Tosca à Bastille compte une distribution vocale prometteuse : Anja Harteros (17, 20, 23 septembre) puis Liudmyla Monastyrska pour Tosca, la cantatrice amoureuse passionnée ; Marcelo Alvarez en Mario Cavaradosi, le peintre bonapartiste et libertaire ; enfin Bryn Terfel pour le préfet Scarpia, autorité noire, dévorée par la jalousie et le pouvoir… OPERA INCANDESCENT… En un torrent continu qui reste resserré, autorisant quelques rares airs aux solistes, la musique de Puccini exprime tout ce que les actes ne disent pas: les pensées secrètes, les soupçons incandescents (croyante et loyale, Floria est une femme terriblement jalouse), le machiavélisme cynique astucieusement tu (Scarpia est un monstre de perversité manipulatrice, ivre d’une insondable frustration et objet incontrôlable de son désir pour Tosca), la loyauté fraternelle de Mario (il est antimonarchiste, farouchement opposé à toute forme de despotisme, en cela dangereusement bonapartiste, révolutionnaire et libertaire)… En définitive, la plume de Puccini inscrit au devant de la scène, la passion qui animent chacun des trois protagonistes. Le compositeur crée un opéra qui conserve le rythme et l’intelligence dramatique de la pièce originelle signé Victorien Sardou. Sur le plan musical aussi, le compositeur rehausse davantage la règle du trio vocal, – noyau lyrique central depuis Bellini, Donizetti et surtout Verdi, – base de l’opéra romantique et post romantique: une soprano amoureuse, un ténor ardent, un baryton néfaste, manipulateur, sombre et ténébreux. Mais ici, contrairement à tant d’héroïnes soumises ou sacrifiées, Tosca est une femme qui rugit et résiste. Elle décide elle-même du moment et du contexte de sa mort. C’est aussi le portrait de deux artistes magnifiques, elle est chanteuse; lui est peintre; qui se trouvent broyés par la machine politico-policière incarnée par le diabolique Scarpia. ________________________ TOSCA de PUCCINI à l’Opéra de Tours Nouvelle production en 4 dates Vendredi 21 avril 2017, 20h Dimanche 23 avril 2017, 15h Mardi 25 avril 2017, 20h Jeudi 27 avril 2017, 20h RESERVEZ VOTRE PLACE http://www.operadetours.fr/tosca Billetterie Ouverture du mardi au samedi 10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45 02.47.60.20.20 theatre-billetterie@ville-tours.fr Grand Théâtre de Tours 34 rue de la Scellerie 37000 Tours Conférence de présentation de l’œuvre Samedi 8 avril 2017, 14h30 Grand Théâtre, Salle Jean Vilar / entrée gratuite dans la limite des places disponibles PUCCINI : TOSCA, opéra en trois actes Livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après Victorien Sardou Création le 14 janvier 1900 à Rome Coproduction Opéra de Tours & Conseil Départemental d’Indre et Loire Direction musicale : Benjamin Pionnier Mise en scène : Pier-Francesco Maestrini Décors : Guillermo Nova Costumes : Luca dall’Alpi Lumières : Bruno Ciulli Floria Tosca : Maria Katzarava Mario Cavaradossi : Angelo Villari Scarpia : Valdis Jansons Cesare Angelotti : Zyan Atfeh Spoletta : Raphael Brémard Sciarrone : François Bazola Il sagrestano : Francis Dudziak Pastore : Julie Girerd Maîtrise du Conservatoire Francis Poulenc – CRR de Tours Choeurs de l’Opéra de Tours Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours




Classiquenews.com - Articles

17 avril

LIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit éditeur)

LIVRES, compte-rendu critique. Giacomo Meyerbeer par Violaine ANGER (Bleu Nuit éditeur) - Né à Berlin au sein d’une riche famille Juive (comme l’autre génie romantique qui l’a précédé : Mendelsohn), Giacomo Meyerbeer (1791-1864) affirme en France un puissant génie lyrique qui livre ses éblouissants accomplissements avant le Second Empire principalement dans le genre du grand Opéra français où la couleur de l’orchestre, la richesse et l’impact visuel des décors, l’éclat du ballet et de ses danseuses principalement, la force des portraits individuels comme le mouvement crédible des fresques collectives comptent à égalité. L’opéra selon Meyerbeer est autant musical que visuel et s’il était né au XXeme siècle, le compositeur aurait été au cinéma l’équivalent d’un Orson Wells… c’est dire. Condisciple apprenti de Weber dans la classe de leur professeur l’abbé Vogler, le Meyerbeer trentenaire se forge une première réputation en Italie sur le scène de La Fenice de Venise (triomphale partition et déjà aboutissement d’une série de premiers opéras italiens très convaincants : Il Crociato in Egitto de 1824) ; puis dans les années 1830 période dorée du romantisme français, le quadra suit Rossini (son contemporain ; seuls 6 mois les séparent) à Paris, et rivalisant avec son « modèle », Meyerbeer s’impose par une série de chefs-d’œuvres d’une modernité dramatique absolue, nouvel aboutissement de l’art total dans le sillon parallèle de Wagner : Robert le diable (concluant en 1831, une manière de trilogie composée avec La Muette de Portici d’Auber de 1828 et Guillaume Tell de Rossini de 1829, – soit une trilogie confirmant Paris, telle la capitale mondiale de l’innovation lyrique) ; puis Les Huguenots (1836), surtout œuvre clé de la maturité Le Prophète (1849). Avec son librettiste familier Scribe (auquel toutun chapitre est dédié : il était temps de réévaluer le poète dramaturge le plus passionnant du temps), Meyerbeer fixe un nouveau modèle lyrique au moment où Verdi façonne son propre théâtre et avant que Wagner ne réalise son idéal théâtral et musical à Bayreuth, une éthique artistique et un idéal esthétique encore magnifiquement illustrés dans son ultime ouvrage L’Africaine (1865), lequel pose les jalons de ce que devrait être depuis le Guillaume Tell de Rossini de 1829, un certain art de la déclamation française depuis la tragédie lyrique transmise au xviie et xviiieme par Lully et Rameau. Enfin on ne saurait compléter le tableau des oeuvres majeures de Meyerbeer sans citer Le Pardon de Ploërmel dit aussi Dinora (1859) dont l’invention mélodique, les effets dramatiques, l’intelligence des possibilités scéniques renouvellent alors le genre de l’opéra comique. Edité par Bleu Nuit, le texte de l’auteure a le mérite de la subjectivité et osant certaines assertions polémiques, suscite un débat qui doit inévitablement arriver : ainsi dans la « conclusion », relevons ce paragraphe au contenu assez étonnant pour ne pas dire déconcertant : « un certain discours affirme que Wagner est la seule voie historique de l’opéra, et Debussy le seul opéra français valable au XXè. Dans ce cas, on comprend trop souvent L’Orfeo de Monteverdi comme premier opéra et Meyerbeer comme une voie de garage ». Jusque là rien de surprenant. La suite est plus « problématique » : « Toute la production russe, anglaise… passe à la trappe. verdi survit comme in contre poids à Wagner (ah bon !!!???) : on ne peut pas être seul, et d’ailleurs dans ses dernières œuvres, il se rapproche de l’esthétique de Bayreuth » (donc Falstaff et Otello de Verdi sont « wagnériens » ???). Plus « intéressant » : « De Verdi et Wagner sont issus Strauss et Puccini, dont le mauvais goût reste un problème » : voilà qui mérite explication… Génie de l’opéra romantique français Nonobstant cette question, et la citation de ce paragraphe qui suscite des interrogations (il aurait fallu nous expliquer le « mauvais goût » de Strauss et Puccini), saluons la vision large qui restitue Meyerbeer dans son siècle, la révolution lyrique qu’il apporte, de complicité avec son fidèle librettiste, Scribe, lui aussi, précisément réhabilité, et loin de l’image d’un auteur décoratif et creux ; bien au contraire, les deux hommes, poète et compositeur, prennent le temps de concevoir des drames qui précisent la conception du fatum, l’illustration d’une impuissance certaine qui musèle l’homme, le héros à un destin contraire qui le dépasse ; comme chez Verdi, Meyerbeer façonne un modèle lyrique dans le genre grand opéra qui propose une vision finalement pessimiste de l’humanité, ce avec d’autant plus d’acuité et de pertinence qu’il intègre les dernières possibilités techniques mises à disposition pour la scène lyrique et aussi usant d’un nouveau réalisme, qui de fait, n’a rien à voir avec cette réputation abusive d’un opéra décoratif et pompeux. Dans le théâtre de Meyerbeer, aucun héros ne trouve le bonheur sur cette terre ; il est même écrasé par le mouvement collectif. Ainsi meurent à la fin des Huguenots, les protestants massacrés, Raoul et Valentine ; ainsi meurent dans un incendie salvateur, le fils et sa mère dans Le Prophète… et dans la dernière scène de L’Africaine, l’héroïne Sélika pourtant amoureuse de Vasco, se sacrifie pour lui, afin qu’il puisse fuir avec celle qu’il aime depuis toujours, Inès… Dans chaque drame, la grandeur d’un personnage fait la valeur déchirante de l’action, mais aussi la violence terrifiante de la vision : que vaut l’héroïsme d’un seul coeur, face au grand souffle cynique de l’histoire ? On croirait de fait assister à un opéra verdien. Mais verdi comme Moussorgski ne connaissaient-ils pas chaque drame de Meyerbeer ? Il n’y a peut-être que Dinora de 1859 qui sur un registre apparemment plus léger compense ce fatalisme répétitif. Mais l’auteur jamais creux y glisse et réalise avec ses librettistes Carré et Barbier, un troublant jeu sur l’illusion et les tromperies de l’image… A chaque drame, une réflexion très pertinente sur le genre concerné. L’intérêt de l’auteure se concentre sur le sens et les enjeux esthétiques des 6 premiers opéras italiens (soit les origines du compositeur (de Romilda de 1817… à Il Crociato in Egitto de 1824), puis l’auteure analyse chaque drame nouveau de la maturité, soulignant combien Meyerbeer a su avec génie réaliser les vertus d’un ouvrage réussi : souffle de l’histoire dans les scènes collectives, puissance sacrificielle des sentiments individuels. Sont remarquablement restitués dans leur intelligence spécifique : Robert le diable (« un opéra qui fait date ») ; l’opus central : « Les Huguenots, ou l’affirmation d’un genre » (en l’occurence le genre historique non fantastique) ; Le Prophète (1849, pilier de l’époque de la gloire internationale) ; … Il était temps de dédier une biographie complète, argumentée, illustrée comme celle publiée par Bleu Nuit éditeur, au génie de l’Opéra français, un pilier dont la compréhension est préalable et nécessaire dans le champs florissant des résurrections actuelles, dédiées au romantisme français. Fort heureusement, parfois polémique, mais juste quant à la révélation du génie de Meyerbeer, le texte édité par Bleu Nuit rétablit la mesure d’un immense créateur pour l’opéra : le maillon essentiel entre Rossini et Verdi, créateur de l’opéra romantique le plus captivant. A quand une renaissance et une véritable réhabilitation de Giacomo Meyerbeer, outrageusement et honteusement oublié ? Cet essai biographique tend à souligner l’urgence d’un regain d’intérêt pour l’auteur de Dinora et de L’Africaine, nos deux ouvrages préférés du grand Giacomo. CLIC DE CLASSIQUENEWS DE MARS ET AVRIL 2017. _____________________ LIVRES, compte rendu critique. GIACOMO MEYERBEER par Violaine ANGER. Bleu Nuit éditeur, collection “horizons” . Parution : le 14 avril 2017. CLIC de CLASSIQUENEWS 2017

Classiquenews.com - Articles

15 avril

Compte-rendu, opéra. Milan, le 12 mars 2017. La Scala, Rossini : La Gazza Ladra / Riccardo Chailly / Gabriele Salvatores

Compte-rendu, opéra. Milan, le 12 mars 2017. La Scala, Rossini : La Gazza Ladra / Riccardo Chailly / Gabriele Salvatores. Trop souvent réduit à sa célébrissime ouverture, La Pie voleuse fut créé avec un immense succès ici même à la Scala il y a exactement deux cents ans, en mai 1817. Les Milanais cependant n’avaient pas revu l’œuvre depuis 1841 ! Il faut donc saluer l’initiative de la Scala pour cette production parmi les plus attendues de la saison. Cet opéra semi-serio, un genre hybride peu présent dans l’esprit des programmateurs, est en effet rarement donné ; on se souvient qu’il avait fait, en 2009, les délices des festivaliers de Bad Wildbad, sous la direction inspirée du regretté Alberto Zedda. Sur un sujet relativement anecdotique (le vol de couverts en argent par une pie), mais qui pose la question de l’injustice sociale, Rossini élabore un monument d’une durée quasi wagnérienne. On reste notamment impressionné par la scène de la procession vers l’échafaud (« Tremate, o popoli »), et du procès de l’héroïne, au second acte, qui fait écho au fait divers tragique dont s’est inspiré le librettiste Gherardini. Une Pie aguicheuse La mise en scène, en tous points admirable, a été confiée à Gabriele Salvatores, cinéaste et authentique homme de théâtre, qui avait déjà mis en scène un autre opéra « animalier », The English cat de Henze. Dès l’ouverture, le ton est donné avec une femme-pie danseuse et acrobate, qui devient le fil rouge aérien, fugace et poétique de l’opéra. Le caractère naturaliste de l’intrigue – la scène se passe dans un gros bourg près de Paris – est respecté par des costumes d’époque magnifiquement restitués (la scène de la liesse populaire au début du premier acte) et une scénographie ingénieuse : on voit sur le côté droit un décor de théâtre qui se transformera tour à tour, au gré d’un jeu subtil des lumières, en immeuble d’habitations, en cellules de prison ou en tribunal. Le metteur en scène s’est en outre entouré des marionnettes des Fratelli Colla qui livrent tout en délicatesse, et dans les moments clé, une lecture en contrepoint de l’intrigue, et malgré l’immensité de la scène et de la salle, on ne perd rien du raffinement de ces fragiles personnages de bois. Un casting de haut vol Une des raisons qui explique la relative rareté de l’œuvre sur les scènes tient à son extrême difficulté vocale. Il ne faut pas moins de deux ténors, deux sopranos, trois basses et deux mezzo exigents pour résister aux pyrotechnies vocales de la partition rossinienne. La distribution réunie pour cette résurrection milanaise ne déçoit pas. Si la basse Paolo Bordogna, dans le rôle de Fabrizio, a un timbre légèrement voilé, malgré une vaillance et une présence scénique pleine d’aplomb, tous les autres interprètes méritent les plus vifs éloges. Dans le rôle difficile de Ninetta, Rosa Feola déploie, dès son entrée en scène (« Di piacer mi balza il cor ») un timbre cristallin parfaitement articulé. Pippo et Lucia, respectivement Teresa Iervolino et Serena Malfi, séduisent par leur projection puissante et leur jeu dramatiquement engagé. Magnifique prestation également du ténor qui monte, Edgardo Rocha, dans le rôle de Giannetto, le fiancé de Ninetta : si sa gestuelle semble un peu gauche et pas très naturelle, la beauté de la voix ensorcelle et révèle une aisance stupéfiante dans les passages de voce spinta. Aux côtés de jeunes interprètes prometteurs (les excellents ténors Matteo Macchioni dans le rôle du vendeur ambulant Isacco, et Matteo Mezzaro dans celui du geôlier), on relèvera la prestation enthousiasmante de la basse Alex Esposito qui campe un père de Ninetta bouleversant de vérité dramatique, attentif aux moindres nuances du texte : grand moment d’émotion, lorsqu’il apprend la condamnation à mort de sa fille (« Accusata di furto »), le chant devient « bel canto » au sens noble du terme, traduit une grande expressivité, le sentiment de terreur qu’il éprouve le fait presque ressembler à un personnage inquiétant à la Füssli, un sentiment renforcé par la femme-pie qui rôde tel un spectre autour de lui. Et quelle joie de retrouver le vétéran Michele Pertusi, récemment entendu à Toulouse dans le rare Ernani de Verdi ! Son arrivée, en ombre géante, doublée en même temps par sa marionnette, est terriblement efficace. Chanteur toujours impeccable, racé, il apparaît comme un modèle d’élocution qui rappelle opportunément qu’un mélodrame français (La pie voleuse ou la servante de Palaiseau), avec ses exigences de diction qui perdurent dans les récitatifs italien, est à l’origine du livret de Gherardini. Dans la fosse, l’orchestre et les chœurs de la Scala sont dirigés d’une main alerte par Riccardo Chailly, en digne héritier d’Alberto Zedda à qui la soirée était dédiée. ____________________ Compte-rendu, opéra. Milan, Teatro alla Scala, Gioachino Rossini, La Gazza Ladra, 12 mars 2017. Paolo Dordogna (Fabrizio Vingradito), Teresa Iervolino (Lucia), Edgardo Rocha (Giannetto), Rosa Feola (Ninetta), Alex Esposito (Fernando Villabella), Michele Pertusi (Gottardo), Serena Malfi (Pippo), Matteo Macchioni (Isacco), Matteo Mezzaro (Antonio), Claudio Levantino (Giorgio / Il Pretore), Giovanni Romeo (Ernesto), Francesca Alberti (Una gazza), Marionnettes de la Compagnie Fratelli Colla, Chœur et Orchestre du Teatro alla Scala, Riccardo Chailly (direction), Gabriele Salvatores (mise en scène), Gian Maurizio Fercioni (décors et costumes), Marco Filibeck (lumières), Bruno Casoni (chef des chœurs).



Classiquenews.com - Articles

13 avril

CONCOURS BELLINI : Académie lyrique à Vendôme, du 1er au 9 août 2017

CONCOURS BELLINI : Académie lyrique à Vendôme, du 1er au 9 août 2017. Le prochain Atelier lyrique d’été de la Vincenzo Bellini belcanto académie, émanation du Concours international de belcanto du même nom, aura lieu du 1er au 9 août 2017. L’Académie lyrique se déroule à 40 mn de Paris (en TGV direct depuis la gare Montparnasse), à VENDÔME où le Concours Bellini est en résidence sur le Campus de Monceau Assurances mécénat, dans la Région des Châteaux de la Loire. A Vendôme, une formation au bel Canto unique au monde 1er – 9 août 2017 Depuis 3 ans, après GSTAAD cette année en janvier 2017, l’Académie lyrique du Concours Bellini offre une formation unique au monde spécilaisée dans l’art du bel canto romantique, c’est à dire, pour la période pré verdienne, concernant le style vocal de Rossini, Bellini, Donizetti. C’est pour les jeunes chanteurs académiciens l’occasion de bénéficier de conseils de deux très grands artistes internationaux : le chef (et président cofondateur du Concours Bellini), Marco Guidarini et la soprano légendaire Viorica Cortez : technique, interprétation, connaissance du répertoire sont abordés par les élèves sous la tutelle de leur maître de chant, en immersion complète et dans un cadre propice au repos et à la réflexion. Coaching pour le concert de clôture, à la fin du stage. Hébergement et demi-pension sont inclus dans le stage. Thème de cet Atelier : ” Le belcanto de Bellini à Verdi …” Attention : les places sont limitées et traitées par ordre d’arrivée. Inscriptions et informations : musicarte-org@live.fr Plus d’informations sur le site du Concours Bellini / l’Académie : https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/l-academie

Classiquenews.com - Articles

12 avril

Compte-rendu critique, concert. Bratislava, Reduta, le 11 avril 2017. Récital lyrique de Javier Camarena, ténor

Compte-rendu critique, concert. Bratislava. Reduta, le 11 avril 2017. Récital lyrique de Javier Camarena, ténor. Adriana Kučerová, soprano. Slovenská Filharmónia. Jaroslav Kyzlink, direction musicale. Il est des concerts rares dont on sait dès les premières notes qu’ils nous marqueront pour longtemps, tant en un instant nous sommes transportés dans des sphères peu souvent atteintes. C’est le cas de cette soirée inaugurant les débuts du ténor Javier Camarena dans la ville de Bratislava, au milieu des blancs et des ors de la magnifique Reduta qui abrite en son sein la Philharmonie Slovaque. Un très bel orchestre, un peu bruyant parfois, mais aux pupitres splendides, ce qui nous vaut de magnifiques soli, et des musiciens à l’enthousiasme communicatifs, galvanisés qu’ils sont par la direction enflammée mais toujours attentive du chef tchèque Jaroslav Kyzlink, qui parvient à éveiller notre intérêt dans des morceaux aussi connus et rabâchés que la Bacchanale de Samson et Dalila ou encore l’Ouverture de La Force du Destin. Sacre slovaque pour Javier Camarena Il est encore plus rare de voir un public au bord de l’hystérie à peine la première pièce vocale achevée. C’est pourtant ce qui a eu lieu ce soir, comme une explosion de joie en réponse à la splendeur de l’air de Tebaldo extrait des Capuleti belliniens avec lequel le ténor mexicain ouvrait le bal. Bien plus qu’un air de chauffe, plutôt une lente cantilène amoureusement ciselée suivie d’une cabalette électrisante, couronnée par un contre-ut retentissant et absolument superbe, le premier d’une longue série. Car tous ces morceaux, de bravoure ou non, s’enchaînent ainsi avec la même perfection dans l’émission, la même tendresse dans la douceur, le même mordant dans la vaillance et la même richesse dans l’aigu, dont l’abord est chez ce ténor un art en soi. Il faut le voir, une fois le passage franchi, attaquer les notes dans un parfait aperto-coperto réalisé à une hauteur rarissime de place vocale, pour mesurer pleinement ce qu’est un véritable aigu de ténor, celui d’un immense technicien du chant. Mais toute cette technique se révèle toujours au service du musicien, de l’interprète, désarmant de sincérité et l’émotion toujours à fleur de lèvres, entier comme peu d’artistes aujourd’hui et visiblement heureux de partager sa voix avec le public. Il serait inutile et fastidieux de détailler tous les airs, tant on serait forcés de manier l’hyperbole et la surenchère pour décrire les cimes où cette soirée nous a conduits. Limitons-nous donc à évoquer la brillance jubilatoire de Ramiro, l’émotion irrépressible qu’a produit sur nous son Edgardo et qui promet une prise de rôle majeure la saison prochaine tant dans la carrière du chanteur que dans l’Histoire de l’interprétation de ce personnage, et à admirer la noblesse absolue de son Arturo – toujours illuminé par un contre-ut dièse unique aujourd’hui –. Arrêtons-nous un instant sur un Nadir murmuré dans une exquise voix mixte pourtant parfaitement sonore, pour une Romance sans rivale à notre époque, avant de nous remémorer son Duc de Mantoue poignant de sincère tendresse – et avec quel legato de velours – et de jubiler une fois encore avec son Tonio se jouant des neuf contre-uts qu’on n’a jamais entendus in vivo aussi pleinement chantés et qui achèvent de soulever la salle en une immense ovation pleinement méritée. Admirable également, sa prévenance à l’égard de la soprano slovaque Adriana Kučerová qui fait bien plus que lui donner la réplique durant ce concert. Emue et comme intimidée à son entrée, la jeune chanteuse se tire non sans appréhension mais avec les honneurs de la scène finale de la Somnambule bellinienne. Galvanisée par son partenaire qui la soutient pleinement et lui transmet toute l’énergie possible, elle se libère enfin dans les Puritains, déployant des moyens qu’on ne soupçonnait pas. A nouveau un peu tendue dans la Juliette de Gounod, elle se donne toute entière dans Gilda, offrant une belle performance dans son air et surtout offrant le meilleur d’elle-même dans le duo avec le Duc, lançant même de très beaux aigus. La dernière note achevée, le public se lève d’un bond pour acclamer bruyamment les deux artistes et tout particulièrement, on s’en doute, Javier Camarena qui, en un soir, a conquis Bratislava. L’heure des bis a sonné : le ténor explique en anglais que cette soirée représente quelque chose de particulier pour lui, à savoir des débuts dans un lieu nouveau, et annonce, comme un lien de fraternité, la mélodie mexicaine « Alma mia » composée par Maria Grever, qu’il interprète avec un charme et une finesse à faire fondre les cœurs. C’est ensuite au tour d’Adriana Kučerová de se lancer dans une mélodie slovaque bien connue des spectateurs qui applaudissent en en reconnaissant les notes. Durant la chanson, la porte de la salle s’entrouvre discrètement, pour livrer passage à… Javier Camarena qui, armé d’une tablette électronique, rejoint sa camarade sur scène et, faisant l’effort de déchiffrer la langue slovaque qu’il ne connait absolument pas, chante avec elle, pour la plus grande joie du public. La salle est à nouveau debout, applaudissant à tout rompre, semblant ne jamais vouloir s’arrêter. « En voulez-vous une autre ? » s’enquiert le ténor, et devant l’acquiescement général, s’exécute avec le célèbre « Granada » d’ Agustín Lara. Dans un véritable feu d’artifice vocal, le chanteur multiplie les notes tenues à l’infini et les cadences électrisantes… pour repartir de plus belle dès que les bravi éclatent, avant de clore la soirée sur le contre-ut le plus spectaculaire de mémoire de mélomane. Bratislava à ses pieds : une victoire de plus pour Javier Camarena. Un triomphe qui, le temps d’une soirée inoubliable, a pris des airs de sacre, celui d’un des plus extraordinaires ténors du monde et de notre temps. __________________ Bratislava. Reduta, 11 avril 2017. Gaetano Donizetti : Don Pasquale, Ouverture. Vincenzo Bellini : I Capuleti e i Montecchi, “E serbato a questo acciaro… L’amo tanto”. Gioachino Rossini : La Cenerentola, “Si, ritrovarla io giuro”. Gaetano Donizetti : La Fille du Régiment, Ouverture. Lucia di Lammermoor, “Tombe degli avi miei… Fra poco a me ricovero”. Vincenzo Bellini : La Sonnambula, “Ah ! non credea mirarti… Ah ! non giunge”. I Puritani, “A te o cara” ; “Vieni fra queste braccia”. Camille Saint-Saëns : Samson et Dalila, Bacchanale. Charles Gounod : Roméo et Juliette, “Je veux vivre dans ce rêve”. Georges Bizet : Les Pêcheurs de perles, “Je crois entendre encore”. Giuseppe Verdi : La Forza del destino, Ouverture. Rigoletto : “Signor ne principe… E il sol dell’anima” ; “Ella mi fu rapita… Parmi veder le lagrime” ; “Gualtier Maldé !… Caro nome”. Gaetano Donizetti : La Fille du Régiment, “Ah ! mes amis, quel jour de fête”. Javier Camarena, ténor. Adriana Kučerová, soprano. Slovenská Filharmónia. Jaroslav Kyzlink, direction musicale

Giuseppe Verdi
(1813 – 1901)

Giuseppe Francesco Verdi est un compositeur romantique italien (10 octobre 1813 - 27 janvier 1901). Son œuvre, composée essentiellement d’opéras très populaires de son vivant, connaît encore aujourd’hui un grand succès. Verdi est l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents du xixe siècle, influence comparable à celle de Bellini, Donizetti et Rossini mais dans la deuxième moitié du siècle. Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les maisons d’opéra du monde entier et, dépassant les frontières du genre, certains de ses thèmes sont depuis longtemps inscrits dans la culture populaire comme « La donna è mobile » de Rigoletto, le « Brindisi » de La traviata, le chœur « Va, pensiero » de Nabucco ou la « Marche triomphale » d'Aida. Les opéras de Verdi dominent encore le répertoire de l'art lyrique un siècle et demi après leur création.



[+] Toute l'actualité (Giuseppe Verdi)
21 avril
Classiquenews.com...
18 avril
Classiquenews.com...
17 avril
Classiquenews.com...
15 avril
Classiquenews.com...
13 avril
Classiquenews.com...
12 avril
Classiquenews.com...
11 avril
Classiquenews.com...
11 avril
Classiquenews.com...
7 avril
Classiquenews.com...
6 avril
Classiquenews.com...
5 avril
La lettre du musi...
4 avril
Resmusica.com
2 avril
Carnets sur sol
29 mars
Classiquenews.com...
29 mars
Classiquenews.com...
29 mars
Classiquenews.com...
24 mars
Le blog d'Olivier...
22 mars
Carnets sur sol
19 mars
Classiquenews.com...
18 mars
Classiquenews.com...

Giuseppe Verdi




Verdi sur le net...



Giuseppe Verdi »

Grands compositeurs de musique classique

Opera Aida Marche Triomphale Traviata Rigoletto Nabucco

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...